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Vers la mi-septembre, Aimé AUTRAND livre un rapport sur les activités de son service vis-à-vis des instructions ministérielles des 5, 15, 18 et 24 août 1942. Ce rapport, présenté ci-dessous, donne un total de 76 personnes appréhendées, dont 26 transférées des Groupements de Travailleurs Etrangers au Camp des Milles et 50 arrêtées à leurs domiciles et transférées au Camp des Milles. Le rapport comprend aussi une liste de 22 insoumis.
Nous n’avons pu nous empêcher de constater une contradiction dans les chiffres avancés. En effet, la liste de personnes visées du 24 août comprend 111 Juifs étrangers, dont 55 furent arrêtés et déportés. Cette contradiction soulève deux questions importantes.
- D’où sont donc venues les 21 personnes supplémentaires ?
- Pourquoi ne pas avoir libéré ces 21 personnes puisqu’elles n’étaient pas dans la liste officielle des personnes visées ?
Evidemment, seuls les individus chargés de cette opération pourraient nous répondre.
Quand au bilan des arrêtés et déportés de 1942 que nous avons indépendamment reconstruit, il porte le nombre de Juifs arrêtés 101 personnes, dont
- 1 personne fusillée
- 1 personne arrêtée à Paris
- 2 personnes arrêtées dans le Vaucluse en 1942, mais déportées en 1943
Cette liste reconstruite montre clairement que le nombre de personnes arrêtées fut grossièrement sous-estimé en 1942 avant que leur arrestation soit occultée par Aimé AUTRAND dans son ouvrage de 1965 en tant que « Correspondant de Vaucluse du Comité d’Histoire de la Seconde Guerre Mondiale ». En 1992, une employée des archives départementales me donna, par inadvertance, une possible explication lorsque je m’étonnais de ne pas voir la liste des arrêtés de 1942 dans le livre d’AUTRAND. « Ça peut se comprendre, Monsieur ! », dit-elle « Ils n’étaient pas ses Juifs ! »
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